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Les Ocres


L'Industrie ocrière de nos jours

  

L’EXTRACTION

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Album extraction sur Facebook

L'ocre est tirée du minerai ocreux. Celui-ci se présente en couches assez régulières, d'épaisseur variable, dont certaines peuvent atteindre 35 m de hauteur.
Dans les gisements, le minerai est assez compact, ce qui nécessite l'emploi d'un bulldozer pour l'abattage. Le minerai se compose de 80 à 90 % de sable siliceux très fin et de 10 à 20 % d'ocre pure.


Chaque fois que la couche de stérile qui se trouve sur le minerai ocreux ne dépasse pas en épaisseur la couche de minerai, on procède à une exploitation à ciel ouvert. En premier lieu, on enlève la terre qui recouvre le minerai avec un bulldozer. Cette terre sera mise de côté pour le réaménagement futur de la carrière.
Ensuite le minerai est à son tour abattu au bulldozer. Des banquettes de cinq mètres de largeur sur quinze mètres de hauteur sont réalisées afin d'assurer le parement et pour prévenir les chutes de pierres.
L'évacuation du minerai se fait par camions qui le transportent sur l'aire de lavage.

LE LAVAGE

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Album lavage sur Facebook 

Vidéo du lavage 

Jusqu'en 1960, l'élimination des sables se faisait par lévigation : un courant d'eau entraînait le minerai dans un "batardeau". Le sable, plus lourd, se déposait au fond et l'ocre restant en suspension dans l'eau était entraînée par celle-ci dans des bassins de décantation de 200 m3. L'opération se renouvelait tous les jours jusqu'au moment où les bassins étaient pleins. Le rendement de ce procédé était de 200 kg au m3 de minerai.
Dés le mois de mai, quand l'ocre avait pris une consistance ferme, des murs faits avec des mottes d'ocre étaient construits autour des bassins, permettant alors le séchage complet sous l'action du mistral et du soleil.
Aujourd'hui, ce mode de lavage a changé. Les "batardeaux" sont supprimés. Le mélange minerai/eau est envoyé dans un séparateur épaississeur (cyclone revêtu de caoutchouc pour éviter l'abrasion), par une pompe protégée aussi de caoutchouc, à l'entrée du cyclone. Le mélange arrive avec une pression de 500 gr/cm2. Sous l'action de la force centripète, le sable concentré sur le centre du cyclone tombe, presque sec, et l'eau ocreuse sort en surverse puis est dirigée vers la canalisation allant aux bassins de décantation.

 

LA DECANTATION

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album décantation sur Facebook

La phase finale du lavage de l’ocre est la décantation. Les bassins sont remplis d’eau et l’ocre plus lourde se dépose au fond du bassin. Par un système de bouchon « vidangeur » l’eau s’évacue. Lorsque le bassin atteint environ une épaisseur de 50 cm soit 60 Tonnes par bassin, la période de séchage de mai à septembre peut commencer.

Après cela, l’ocre sera transportée à l’usine pour l’achèvement de sa fabrication.

 

LA CALCINATION

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L'oxyde de fer des ocres crues est un oxyde hydraté (goethite). En chauffant l'ocre de 800 à 900 degrés, l'oxyde de fer se déshydrate et se transforme en hématite. La couleur, ordinairement jaune devient rouge.
La calcination des ocres jaunes ou insuffisamment rouge naturellement, était faite dans le temps par four à bois. Maintenant, celle-ci se fait dans des fours tournants, chauffés au gaz. Ces fours ont une longueur de 15 m et un diamètre de 1 m. Ils sont briquetés pour garder la chaleur.
L'ocre est envoyée en tête de four et réceptionnée, coté brûleur. Elle met 15 mn pour le traverser. Elle est à ce moment cuite à point. Après quelques jours de refroidissement, elle est prête à être broyée et ensachée.

 

LE BROYAGE - L'ENSACHAGE

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Pour obtenir les teintes désirées, il faut mélanger différentes ocres provenant de plusieurs gisements. Ensuite, le tout est envoyé dans un broyeur pendulaire ou l'ocre est broyée à 50 µ, puis l'emballage se fait ensuite dans des sacs papiers de 25 kg.

 

 

 MAIS OU VA NOTRE OCRE ?

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L'ocre est employée dans de nombreuses applications. Dans l'industrie du bâtiment pour la coloration des enduits, des badigeons, des bétons etc., dans les peintures industrielles et artistiques, dans l'agriculture pour la coloration des engrais, dans l'industrie de la terre cuite, dans la coloration des carrelages et des tuiles, dans la cosmétique (coloration des poudres et des fards). Les résidus ocreux (Sables colorés) sont également employés par les services d'EDF et Télécom pour la couverture des câbles en tranchée. L’ocre fait également le tour du monde avec 60 % de sa production : Europe, USA, Afrique, Japon, Moyen Orient...

ET L'ENVIRONNEMENT ?

La délivrance du permis d'ouverture d'une carrière d'ocre est soumise à la même procédure du code minier qui régit les extractions de granulats ou de pierres : une enquête publique ainsi qu'une étude d'impact sont nécessaires.
L'autorisation d'extraction est valable quinze ans et le volume en est contingenté (12500 m3 à Gargas). Une remise e
n état est obligatoire à la clôture de l'autorisation d'extraction.

La pollution ?

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Les eaux de lavage qui sont pompées aujourd'hui, le sont dans d'anciennes galeries d'ocre et retournent après lavage dans ces galeries. Il n'existe pas de pollution des eaux par l'ocre.
A Gargas, la Société des Ocres de France utilise en circuit fermé, plus de 300 m3 d'eau par jour pour laver son ocre.

En ce qui concerne la pollution de l'air, un dispositif anti-poussière est installé sur les cheminées de l'usine des baumes pour épurer les fumées résultant de la calcination des ocres rouges. On le voit, cette industrie n'est pas particulièrement antinomique de la protection de la nature.


Mais qu'est ce que l'ocre à l'état naturel ? 

 

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Connues depuis la haute antiquité, les ocres furent exploitées par les Romains. Bien qu'okhra en grec signifie seulement "terre jaune", les ocres du Vaucluse présentent en réalité une palette allant du jaune au rouge vif en passant par des tons orangés.

  Minéralogie

  Dans les ocres naturelles, les cristaux de goethite sont associés à une argile : la KAOLINITE. Et c’est l’association intime de ces deux minéraux qui constitue véritablement le pigment « ocre ». La roche elle-même est une formation sableuse, faite de grains de quartz « cimentés » par un enduit d’ocre.
   Les cristaux qui constituent l’ocre sont de très petite taille : les cristallites de kaolinite et de goethite mesurent plus ou moins un micron. De ce fait, on ne peut les observer qu’au microscope électronique.

   Composition minéralogique du matériau ocre, extrait par lavage des sables :
      - la kaolinite, qui est le support argileux essentiel,
      - la goethite, qui est le pigment coloré ;
      - le quartz, jamais absent (même dans les fractions lavées et triées les plus fines).

   D’un point de vue composition chimique, l’ocre est donc un silicate d’alumine (kaolinite) ferrugineux (goethite) et siliceux (quartz).

 


Géologie

par le Professeur Jean-Marie Triat
Université d'Aix-Marseille

 Le faciès si particulier des sables ocreux est apparu, il y a environ 100 millions d’années, à la faveur d’une suite exceptionnelle d’évènements géologiques.

   L’histoire de l’ocre est complexe. Elle comporte deux phases qui se sont succédées au cours des temps géologiques.

    Tout d’abord, il faut imaginer qu’aux temps crétacés (au crétacé inférieur pour être précis) la région était recouverte par une « mer épicontinentale » peu profonde. Sur le fond de cette mer, s’accumulaient des matériaux venus du continent voisin, essentiellement des grains de quartz. Ainsi se sont déposées des masses de sables. Ces sédiments étaient riches en traces de vie animale sous marine : débris de toutes sortes de coquilles (beaucoup de lamellibranches : huîtres, moules, etc) d’oursins et surtout de foraminifères, très petits organismes, dont on décèle les traces dans les lames minces étudiées au microscope polarisant. Après la phase de sédimentation, s’est formé sur le fond, au contact avec l’eau de mer, un minéral vert : la glauconie. Ce minéral (variété d’argile) a pour particularité de renfermer dans son réseau cristallin des atomes de fer. Cette caractéristique cristallochimique a joué un rôle très important dans la suite de l’histoire de l’ocre.

   Au crétacé supérieur apparaît le deuxième phase, qui aboutit à la création des ocres. A la faveur de mouvements tectoniques, les dépôts marins du Crétacé inférieur ont été soulevés et sont parvenus à l’émersion. Un nouveau continent était né. Ce continent a aussitôt subi de sévères conditions climatiques. A l’époque, la Provence se trouvait dans un contexte climatique de type tropical équatorial (notre région était proche de l’équateur). Ce climat a provoqué d’intenses altérations « latéritiques », qui ont abouti à la dissolution de la plupart des minéraux des roches marines originelles, dont la glauconie. Celle-ci en se dissolvant (par hydrolyse) a libéré dans le milieu d’altération ses atomes de fer. Ainsi est apparue la goethite. Dès son individualisation, les roches du nouveau continent se sont naturellement colorées. Les ocres venaient de naître. En même temps, les altérations avaient formé des cristaux de kaolinite, car ce silicate d’alumine pur demeure le seul minéral argileux stable sous de telles conditions d’altérations tropicales.

   Les divers faciès créés par les paléoaltérations ne sont pas distribués au hasard : ils sont hiérarchisés suivant une suite verticale précise, qui constitue un « profil d’altération latéritique ». A la base du profil, on trouve les roches vertes, qui sont les roches « mères » marines, glauconieuses. Au-dessus, se superposent les divers faciès colorés des sables ocreux, eux-mêmes surmontés par les faciès des sols tropicaux : les sables blancs siliceux kaoliniques (qui sont d’anciens sables ocreux secondairement « blanchis » par lessivage des oxydes de fer) et, au sommet du profil, les cuirasses : lentilles quartzitiques blanches (cuirasses siliceuses) surmontées par la classique cuirasse ferrugineuse (ici essentiellement goethitique) marron.

   Par la suite, le climat ayant changé, les roches du Crétacé ont été recouvertes par d’autres dépôts, d’âge tertiaire, d’abord des continentaux (Eocène) puis à nouveau marins (Miocène). Et ce n’est qu’à la faveur des grands décapages quaternaires que les roches du Crétacé sont parvenues à l’affleurement telles que l’on peut les observer de nos jours. Observations amplifiées au niveau des falaises d’ocres, créées artificiellement lors des exploitations des siècles derniers.